Une crise durable du capitalisme mondiale. Conséquences politiques, sociales et environnementales et les tâches du mouvement ouvrier

La déclaration suivante a été adoptée par le Comité Exécutif International (International Executive Committee - IEC) du Comité pour une Internationale Ouvrière (CIO) lors de sa récente réunion en Belgique, du 2 au 9 décembre 2009. Cette fructueuse réunion a rassemblé plus de 70 représentants en provenance d'Europe et de Russie, d'Asie, d'Asie centrale, d'Amérique du Nord et latine, et d'Afrique.

La caractéristique dominante à laquelle sont maintenant confrontés la classe ouvrière et les pauvres du monde entier est la crise économique durable du capitalisme mondial. Il ne s'offre au capitalisme aucune issue rapide et facile pour sortir de la pire catastrophe économique depuis les années 1930. Les conséquences de la (des) gigantesque(s) bulle(s) financière(s) qui avaient semblé faire s'envoler le capitalisme jusqu'au septième ciel économique – le soi-disant nouveau «paradigme» – jouent maintenant un rôle d'obstacle immense face à toute renaissance économique durable du capitalisme. La «reprise» sera anémique et pourrait n'être que très courte. Lors de sa réunion de décembre 2008, le CEI du CIO a conclu que la bourgeoisie mondiale, tirant les leçons de la Grande Dépression des années 30, retournerait ciel et terre pour éviter qu'une telle chose se reproduise aujourd'hui. Elle y est parvenue. Les plans de refinancement gigantesques pour le système financier, équivalant 14 trillions (14 mille milliards) de dollars à l'échelle mondiale – ce qui revient presque à l'ensemble du PIB des USA (la plus importante et plus puissante économie au monde) – combinés au «soulagement quantitatif» et au plans de «primes à la casse» dans l'automobile, ont pu amortir la chute, mais n'ont pas résolu les problèmes sous-jacents.

La crise économique mondiale a ouvert une nouvelle période pour le capitalisme, pour la classe ouvrière et pour les forces du CIO. D'importantes luttes de la classe ouvrière et de la jeunesse ont eu lieu dans toute une série de pays européens. Au Royaume-Uni, les grèves et occupations qui ont impliqué les travailleurs de Lindsey, de Linamar, de Visteon, de Vestas et de la poste ont représenté un changement important. L'Irlande a connu des grèves des électriciens, du secteur public, de Coca Cola, des dockers et d'autres, ce qui illustre à quel point la situation y est devenue explosive. Les séquestrations patronales, les occupations et les deux grèves nationales en France, les grèves générales en Grèce à côté du mouvement de la jeunesse, reflètent le climat qui bout sous la surface. Avec les mouvements de la jeunesse d'Allemagne et d'Autriche, ces mouvements et d'autres illustrent la volonté des travailleurs et de la jeunesse de lutter lorsqu'ils sont confrontés aux attaques de la classe dirigeante.

Cependant, l'absence d'une alternative de masse clairement socialiste, et le rôle lâchement conservateur des dirigeants syndicaux ont jusqu'ici limité l'ampleur qu'auraient déjà pu prendre ces luttes. Mais la situation à laquelle est confronté le capitalisme mondial fera en sorte que, parmi les travailleurs et la jeunesse, de nouvelles phases de conflit et d'opposition contre les effets de la crise présenteront d'encore plus grandes opportunités pour la classe ouvrière et pour le CIO.

L'analyse historique du CIO, selon laquelle le capitalisme mondial a pendant près de trente ans été aux prises avec des «caractéristiques dépressives», est maintenant reprise par certains économistes. Avec une demande déprimée par le maintien à la baisse de la part de la richesse attribuée à la classe ouvrière, avec une profitabilité réduite (surtout dans l'industrie), et donc avec des débouchés limités pour les investissements, une issue avait été trouvée par la gigantesque extension du secteur financier et, avec lui, du crédit. Les mesures du néolibéralisme, de la dérégulation financière et de la privatisation, ont prolongé ce processus. Celui-ci a pris un nouvel essor avec la chute du stalinisme qui a été accompagnée par le trépas des économies planifiées, ce qui a ouvert de nouveaux champs d'investissements et de nouveaux marchés – bien que de manière limitée, et pas autant que ce qui avait été attendu au moment de la Chute du Mur. Ceci a constitué un nouveau rebondissement avec l'apparition d'un capitalisme en considérable expansion. Toutefois, dans les pays industriels avancés, l'industrie, la véritable source de richesse, s'est contractée et a été délocalisée vers les pays ex-staliniens et vers le monde néocolonial.

Ceci n'a pas eu pour résultat une expansion globale substantielle du capitalisme, certainement pas à l'échelle du boom structurel des années 1950-75. En réalité, l'effondrement du seul rival à l'hégémonie du capitalisme mondial – le stalinisme, surtout en Russie – a été utilisé pour masquer le problème de la stagnation sous-jacente. C'est le secteur financier – plutôt qu'industriel – qui en a tiré une nouvelle vigueur. Par exemple, le nombre d'emplois dans l'industrie aux Etats-Unis s'est contracté de 17 millions (ce qui était déjà fort bas) à un chiffre catastrophique de 12 millions au moment de cette crise. La conséquence en est que les mesures protectionnistes – déjà fort accentuées – se sont maintenant accrues aux Etats-Unis, avec la revendication par les syndicats de l'automobile et de l'acier de barrières douanières contre les biens industriels en provenance de l'étranger, surtout d'Asie. On peut également voir de tels sentiments protectionnistes en Europe, avec les retombées de la faillite de General Motors. Par conséquent, une désindustrialisation s'est produite dans les pays industriels avancés. L'ironie est que la crise mondiale actuelle a révélé la faiblesse sous-jacente du capitalisme mondial, qui s'est développée sur une longue période, de la même manière que la crise qui existait dans les Etats staliniens (en particulier en Allemagne de l'Est) était restée cachée jusqu'à leur effondrement.

Le secteur financier, en tant que bouée de sauvetage du capitalisme mondial, a souffert un coup quasi mortel avec cette crise, même s'il est inconcevable que le capitalisme mondial puisse exister sans un système de crédit développé. Mais ce secteur est maintenant perçu, selon les mots d'Adair Turner, un des capitaines de l'industrie britannique, comme étant «socialement inutile» – contrairement au secteur industriel qui est maintenant la grande vedette. En réalité, c'est le capitalisme dans son ensemble qui est maintenant de plus en plus perçu comme étant «socialement inutile» par ses victimes, la classe ouvrière, et surtout par les chômeurs et pauvres parmi celle-ci. Plus encore, les deux économistes Barry Eikengreen et Kevin O'Rourke, comparant la Grande Dépression des années 30 à la «Grande Récession» que nous vivons aujourd'hui, ont tiré la conclusion que, jusqu'ici, la situation économique actuelle suit exactement le déroulement des événements de 1929-33.

L'économie américaine a connu une perte globale de huit millions d'emplois en deux ans. Les plans de relance d'Obama, qui en sont à leur moitié, ont produit un modeste «rebond» d'un million d'emplois créés. Au Royaume-Uni, la «facilitation quantitative» du gouvernement Brown a déjà atteint le montant de 200 milliards de livres, suscitant la panique de certaines sections de la bourgeoisie devant l'inefficacité de cette mesure, les poussant à exiger de nouvelles dépenses d'au moins 25 milliards de livres afin de tirer l'économie britannique hors de ce «Triangle des Bermudes». Toutefois, on estime en général que ceci est la «limite», l'«option nucléaire», le dernier jet de dés désespéré afin de sauver l'économie britannique. Il n'y a aucune garantie de succès. Mais l'alternative du «gouvernement en attente» des Tories de Cameron – immédiatement passer les dépenses publiques au fil de l'épée, et pourfendre le déficit budgétaire – non seulement ruinerait toute chance de reprise, mais provoquerait aussi les plus grands remous sociaux qu'a connu le Royaume-Uni depuis la grève générale de 1926.

Dans les faits, le capitalisme mondial a transféré les immenses dettes du secteur privé, des banques et de la «ploutocratie» financière sur les épaules de l'Etat. Ceci a alimenté une opposition de classe colossale, et la revendication que les «banksters» soient punis. Leur prodigalité et leur grand train de vie ont aggravé la crise économique actuelle qui a délabré les vies de millions de travailleurs. Pourtant, contrairement à la crise du crédit américain des années 80, où plus d'un millier de banquiers avaient été jugés et emprisonnés, même les deux chefs de Bear Sterns qui avaient été accusés de préjudices financiers ont été récemment acquittés. Combiné à cette situation, les largesses octroyées aux banques par les gouvernements n'ont pas été utilisées pour élargir les lignes de crédit pour les industries en difficulté, en particulier pour les PME et les petites banques. Rien qu'aux Etats-Unis, près de 100 petites banques ont fait faillite. A la place, les «banksters» ont canalisé les fonds du gouvernement afin de reconstruire leurs propres bilans, afin de payer de nouveaux bonus énormes (seuls 117 banquiers seront affectés par la demande d'Obama de limiter les bonus), et afin d'organiser une nouvelle orgie de spéculation et de nouvelles bulles financières dans des opérations spéculatives à nouveau prospères (en particulier sur le marché des devises). Dans la situation d'après-krach, on est donc revenu à un «goût du risque» – la même recherche d'un «rendement» accru qui a mené à l'implosion financière.

Une double chute

Cette accumulation d'«actifs dangereux» pourrait, comme l'a averti Nouriel Roubini, mener à une encore plus grande crise financière que celle qui a précédé l'effondrement économique. D'où l'accord qui existe maintenant entre le CIO et les groupes d'économistes bourgeois sérieux, qu'il est plus que probable que nous assistions à une double chute d'une forme ou d'une autre – en forme de «L», de «W», ou de «saxophone». Certains ont comparé la situation actuelle à un saut à l'élastique : «L'économie tombe d'une falaise. L'activité chute de très haut. Puis, il y a un rebond. L'espace d'un moment, le rebond a l'air très bon et c'est assez facile pour les économistes de rester sur leur ligne de pensée linéaire. Mais l'économie ne revient jamais à la normale ; au lieu de ça, elle reste là en train de se balancer au bout du fil.» La prochaine période ne sera pas dominée par l'émergence de «vertes pousses», mais plutôt les «vertes moisissures» héritées de la période précédente, étouffant tout réel rebond. Malgré le fait que les gouvernements aient placé le secteur financier «en quarantaine», le patient est bien loin d'un réel «rétablissement». Par exemple, il y a dans les livres des banques une accumulation massive des «dérivés sur événement de crédit» (Credit Default Swaps - CDS). Au même moment, le consommateur américain – qui reste le plus gros marché du monde, et son marché de dernier recours – a pu rebâtir son épargne à hauteur de 4% du PIB, mais reste tenté d'investir dans ces «actifs à risques», lesquels sont en train d'alimenter une nouvelle bulle, et auront pour conséquence un approfondissement accru des effets sociaux dévastateurs de la crise pour le peuple américain.

En même temps, les économies américaine et européenne semblent techniquement être en train de sortir de la crise. Mais comme l'a écrit le Financial Times, «Ca sent toujours la crise». Les prix des actions ont monté, le prix du pétrole aussi. Il y a une ruée sur la sécurité et sur la «qualité» via les investissements dans l'or et dans les denrées de base. Il y a eu un certain renouveau du côté des «BRIC» - surtout au Brésil et en Chine, qui connaissent d'importants taux de croissance. La hausse de la monnaie brésilienne, le réal, a poussé le gouvernement Lula à prendre des mesures afin de taxer l'influx de capital spéculatif. Le régime chinois – qui possède toujours un important secteur d'Etat – a été capable d'accomplir le plus efficace des plans de relance, qui a eu pour résultat une importante croissance (selon les chiffres officiels). En outre, le régime de Beijing a promu le renforcement du secteur d'Etat, tandis que l'industrie privée a joué dans cette croissance un rôle fort limité. En même temps, une bulle financière chinoise est en train de gonfler, qui pourrait éclater à n'importe quel moment, provoquant des ondes de choc sur l'ensemble de l'«économie réelle».

Dans tous les cas, la tentative de «rééquilibrer» l'économie mondiale restera mort-née. La Chine, l'Inde et les autres pays «de croissance» ne peuvent pas entièrement combler le vide causé par la contraction de la consommation américaine et par son endettement colossal. Au même moment, l'idée émise par le FMI comme quoi la monnaie chinoise, le renminbi, devrait soit remplacer soit agir en parallèle avec le dollar en tant que devise mondiale, ne prend chez personne. Le renminbi pourrait être utilisé en tant que moyen d'échange entre la Chine et les pays d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie, qu'elle essaie d'attirer dans un bloc commercial. On parle aussi de droits d'émissions spéciaux qui pourraient constituer une alternative. Mais l'économie américaine demeure de très loin la plus forte économie et l'économie dominante du capitalisme mondial et – malgré tous les dangers et complications – le dollar s'imposera toujours en tant que devise mondiale. En octobre 2009, il avait atteint son point le plus bas depuis 14 mois. Ceci a accru la position concurrentielle de l'industrie étasunienne, mais aussi de l'industrie chinoise, puisque le renminbi est lié au dollar. Et ceci, aux dépens du reste du monde. Bien que le dollar ne pourrait être remplacé par aucune devise rivale toute seule, il est possible qu'un panier de devises puisse être utilisé en parallèle, dans lequel l'euro et le renminbi joueraient un rôle important dans les réserves des gouvernements nationaux. Mais il est improbable que l'on puisse parvenir à un «rééquilibrage» qui puisse extirper les pays et régions les plus exposés des effets chroniques persistants de la crise.

Ceci est surtout le cas en Europe centrale et orientale, où la différence entre «récession» et «dépression» est purement académique. Selon la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, la chute du PIB des «pays en transition» sera en moyenne de 6,2% en 2009. Mais les déclins varient largement, les pires données étant une chute du PIB de -18,4% en Lituanie, 16% en Lettonie, 14% en Ukraine et 13,2% en Estonie, ce qui est décrit comme étant des «données dépressionnaires» par Martin Wolf du Financial Times. La Slovénie va se contracter de 6,5%, la Slovaquie de 6% et la Thécquie de 4,3%. La Hongrie aussi est sur le dos, où non seulement la classe ouvrière mais aussi la classe moyenne plonge dans l'«amisération». «C'est une catastrophe. On est tombé sous le cul de la grenouille», selon l'expression hongroise employée par un ouvrier de la construction de ce pays au Guardian – c'est-à-dire, qu'on ne peut pas tomber plus bas. La Russie, après l'«âge d'or» des prix du pétrole gonflés à bloc, est en train de replonger dans l'âge sombre de la période directement post-stalinienne du début des années 90. Des villes entières, telles que Togliatti – des «monovilles» basées uniquement sur la production d'un seul produit – sont au bord de la «fermeture», avec des dizaines de milliers de gens qui perdent leur emploi. La régime bonapartiste de Medvedev et Poutine – avec son fin vernis de «démocratie» – va être secoué par des crises au cours de la prochaine période.

Où, dans cette crise chronique prolongée, se trouvent les débouchés économiquement productifs pour le capitalisme mondial ? En fait, les gouvernement capitalistes du monde entier, confrontés à des déficits budgétaires d'en moyenne 10%, ont maintenant recours à la hache pour tailler dans les emplois et les services. La moitié des hôpitaux de Lettonie ont déjà été fermés. C'est là l'air qui sera joué dans de nombreux pays dans un futur pas si lointain, et même dans les pays «riches». Combinez cela avec les énormes disparités de revenus – une polarisation entre les classes – et on en arrive au problème de la demande, dont se lamentent l'ensemble des économistes capitalistes.

Mais le critère pour les capitalistes et, au final, pour leurs «comités exécutifs» que sont les gouvernements, n'est pas de subvenir à des nécessités sociales, mais de protéger de renforcer la profitabilité. Par conséquent, cette période, comme nous l'avons remarqué, sera caractérisée non pas par une crise, mais par toute une série de crises qui vont se succéder au fil des ans. Cette période sera marquée par la stagnation des forces productives, avec de temps à autres de faibles «reprises», mais peut-être aussi à un certain stade le retour de l'inflation, des crises monétaires et des énormes déficits dans les budgets des Etats. Tout ceci ne pourra être pallié qu'en lançant des attaques sur le niveau de vie de la classe ouvrière.

Les bourgeois sont bouleversés depuis le début de la crise, qu'ils ont incorrectement analysée comme durant depuis l'an dernier. Cependant, cette crise avait commencé un peu plus tôt, en 2007, et même avant cela dans le secteur immobilier américain, ce qui a poussé des économies et des industries entières «par-dessus bord». Ils ne craignent pas uniquement pour le futur économique de leur système et pour l'énorme effondrement qui s'annonce, mais aussi pour les répercussions sociales et politiques d'une révolte de masse contre leur système. Incapable d'argumenter sur le fait que le capitalisme était capable «d'apporter les biens», leur «boussole morale» réduite en miettes tandis que des millions doivent payer les conséquences de l'échec de leur système, ils n'ont plus maintenant recours qu'aux arguments les plus vides de sens. Afin de justifier leur système, ils ont dû aller rechercher l'ancien Premier Ministre tory Winston Churchill, tiré hors du cagibi de l'Histoire. Le capitalisme ne représentait ainsi plus «la fin de l'Histoire», mais est redevenu «le pire système possible de gestion économique, à l'exception de toutes les alternatives». S'ils sont encore capables de faire ceci à ce moment, c'est à cause de l'échec du modèle du stalinisme et de l'absence d'un pôle d'attraction alternatif, socialiste démocratique.

A cette crise économique dévastatrice, doit être ajoutée la crise environnementale en cours. La crise climatique est étroitement liée à la crise économique. Le GIEC a affirmé que la température moyenne a augmenté de 0,8°C depuis le milieu des années 1800. Les émissions qui ont déjà libérées vont encore accroître la température de 0,9°C – c'est-à-dire une augmentation totale de la température de 1,7°C. Les conséquences du dépassement du «niveau-seuil» établi par les scientifiques et les politiciens, d'une augmentation de 2°C, sont bien connues : la fonte du pôle nord et des glaciers, la hausse du niveau de l'océan, l'extension des déserts, les sécheresses et le manque d'eau, etc. Les plus touchés sont les travailleurs et les pauvres du monde entier, mais surtout des pays pauvres. Le sommet sur le climat de l'ONU à Copenhague – Cop15 – ne fournira aucune solution. Les intérêts nationaux et capitalistes sont incompatibles avec les mesures et la planification mondiales qui sont nécessaires.

La lutte pour préserver les emplois et notre mode de vie n'est pas opposée à la lutte contre la menace climatique. Au contraire, l'obstacle fondamental, dans ces deux cas, est le système capitaliste – symbolisé par la puissance des géants du pétrole et de l'énergie, aussi bien que des industries automobile, aéronautique, etc. Seule la classe ouvrière est à même de changer la société afin de créer une économie planifiée socialiste démocratique, y compris la conversion des industries polluantes en industries (réellement) vertes. Les contradictions inter-impérialistes autour du climat que l'on voit aujourd'hui ne pourront être surmontées que par un mouvement ouvrier véritablement internationaliste et socialiste, afin de sauver le climat.

Un mécontentement bouillonnant, un sentiment anticapitaliste croissant

Il y a un mécontentement bouillonnant, un sentiment anticapitaliste croissant, qui vit parmi les masses. Le BBC World Service a découvert grâce à un sondage spécial que les «désillusions par rapport au capitalisme de libre marché est très répandue». L'effondrement de l'Union Soviétique est perçue différemment aujourd'hui qu'en 1989 : «Des majorités en Egypte, en Russie et en Ukraine disent que la désintégration [de l'Union Soviétique] était une mauvaise chose». Qui plus est, «Il faut ajouter le Brésil, l'Indonésie et la France à la liste des pays où la majorité pense que les gouvernements devraient posséder et contrôler les principales industries». Le fait que ce sentiment ne se soit pas encore aggloméré en une différente attitude politique de la part des masses, avec un renouveau des idées socialistes, provient de toute une série de facteurs. D'un côté, au début de la crise, les masses ont espéré contre toute attente que celle-ci n'était que temporaire, qu'une reprise durable suivrait et que la situation d'avant la crise serait restaurée. Au même moment, il n'y avait pas de point focal de masse sous la forme de partis ou dirigeants de masse qui auraient pu argumenter en faveur du «socialisme» au sens large, même de la manière dont les plus doués parmi les dirigeants sociaux-démocrates étaient capables de le faire pendant leurs heures de gloire – la période juste avant la Première Guerre ou la période des réformes réelles durant le boom de 1950-1975.

Même les conséquences politiques directes des années 30 ont été différentes de celles que nous connaissons depuis les 18 à 24 derniers mois. La crise de 1929 a assommé la classe ouvrière sur le plan industriel, en particulier aux Etats-Unis. Mais même alors, s'est produite une radicalisation politique, reflétée dans la croissance des partis de gauche tels que le Parti Communiste, dans la période juste après le krach de 1929 puis tout au long des années 30. Les années 30 ont été une période de révolution et contre-révolution, contrastant avec le paysage qui en est dépeint par certains analystes contemporains. Il y a eu une radicalisation, en fait une poussée révolutionnaire, qui a commencé en 1931 Espagne et qui y a mené aux événements de 1936-37, et en France, où les effets du Krach ont été quelque peu postposés. L'opportunité de la prise du pouvoir qui a été donnée aux fascistes en Allemagne et en Espagne (et en Italie un peu plus tôt, qui fut un prototype pour les régimes fascistes) n'a été possible qu'après l'échec de la classe ouvrière et en particulier de sa direction défaillante à prendre le pouvoir.

Nouveaux partis et alliances de gauche

Il n'y a pas encore de cristallisation d'une large couche socialiste ni dans les pays capitalistes avancés ni dans le monde sous-développé, et encore moins dans les pays ex-staliniens d'Europe de l'Est et de l'ex-Union Soviétique. Même les nouvelles organisations de gauche – Die Linke en Allemagne, Syriza en Grèce, et avant cela l'expérience prometteuse du P-SoL au Brésil – ne se sont pas développé dans une direction cohérente de gauche. Leurs dirigeants n'ont aucune vision claire de la future société socialiste. Même le NPA en France – lancé par les trotskystes ou ex-trotskystes de la tendance Mandel – n'a pas développé un programme clairement anticapitaliste, sans parler de lier les luttes explosives qui se déroulent en ce moment en France avec l'idée d'un renversement socialiste démocratique. En vérité, dans ces partis l'idée de coalitionisme – qui en soit reflète une étape d'immaturité dans la conscience des masses et des membres qui adhèrent à ces formations – va certainement changer. Poussés par les événements et par le travail consistant de nos forces qui cherchent à les tirer vers la gauche, ces partis peuvent connaître une polarisation.

Dans certains pays, comme au Royaume-Uni et en Grèce, la recherche du «moindre mal» existe parmi des sections importantes des masses. Dans le premier de ces pays, c'est la peur du retour des Tories, avec l'aide des dirigeants syndicaux droitiers, qui pousse les travailleurs derrière l'idée de stopper un gouvernement Cameron à n'importe quel prix, une éventualité déjà surnommée en tant que «Torygeddon» (Tory Armageddon). Dans le cas de la Grèce, le «moindre mal» provient du rejet violent de Nouvelle Démocratie, mélangé à un certain espoir que le PASOK serait «mieux». Et ceci, malgré la déception amère des précédents gouvernements PASOK. Les espoirs que toute une couche de travailleurs place dans le caractère «meilleur» d'un gouvernement PASOK ne sont pas comparables aux illusions qui existaient pour le PASOK dans les années 70 et 80 ni à ses racines sociales de l'époque. Malgré sa faiblesse politique, Syriza est une force importante dans laquelle devraient intervenir les forces marxistes sérieuses. En même temps, nous devons adopter une approche flexible dans nos interventions par rapport à d'autres opportunités qui pourraient s'ouvrir parmi la classe ouvrière et la jeunesse.

Mais ces formations peuvent très bien ne pas être le dernier mot, et certaines peuvent même disparaître. Ceci, par exemple, est une possibilité dans le cas du P-SoL, qui a démarré en tant que formation la plus à gauche qui soit, avec une couche avancée large qui a placé de grands espoirs dans la possibilité que cette formation devienne un point de ralliement révolutionnaire de gauche. Toutefois, sous l'influence d'une des ex-trotskystes de la tendance moréniste, combinée à celle des réfugiés du PT, ce parti pourrait bien ne pas même avoir un seul candidat lors des élections présidentielles de cette année, mais à la place donnerait un soutien «critique» à la candidate écologiste ! Toutefois, même si ces formations régressent et disparaissent (comme la Refondacion Communiste en Italie, ou le P-SoL), ceci pourrait décevoir nombre des couches les plus développées de la classe ouvrière. Néanmoins, ceci n'éliminera pas la nécessité de nouvelles formations de gauche, ancrée dans le caractère de cette période. Par conséquent, le CIO n'adopte aucune approche fétichiste par rapport à l'une ou l'autre formation politique. Nous cherchons à appliquer un travail et des activités flexibles, mais devons nous trouver là où la couche la plus réceptive des travailleurs et des jeunes est active et vers où elle s'oriente. Nous n'abandonnerons pas ces organisations avant qu'elles n'aient démontré leur totale vacuité ou leur incapacité à jouer un rôle progressiste.

Marx a insisté à la fin du 19ème siècle sur le fait qu'un véritable mouvement de la classe ouvrière valait une douzaine de programmes. Nous devons adopter la même approche de base vis-à-vis des tâches du mouvement ouvrier, et en particulier vis-à-vis de ses détachements qui sont les plus avancés dans cette période. Ces partis, même lorsqu'ils semblent n'être que des coquilles vides, avec une très petite couche active, peuvent néanmoins, sous la pression des événements, se remplir de nouvelles couches fraiches de travailleurs, de jeunes, etc. Ces partis peuvent aussi avoir des réserves de soutien qui ne sont pas entièrement révélées lors des périodes relativement quiescentes. Ceci s'applique avec encore plus de force aux syndicats, lesquels ont été affaiblis dans bien des pays à cause du chômage, du travail à temps partiel, etc. mais qui, à travers les grands événements qui se préparent, peuvent reprendre du poids.

Le développement d'un parti marxiste de masse va inévitablement être précédé de «stades » sous la forme de formations larges dans lesquelles les marxistes collaboreront avec d'autres personnes qui ne sont pas encore arrivées à une claire vision socialiste marxiste. Même là où le processus de formation de ces nouveaux partis semble s'être arrêté ou avoir régressé, nous ferons pression pour en poursuivre le développement en tant que moyen de rassembler les forces de la gauche et les éléments combatifs les plus décisifs de la classe ouvrière. L'expérience de larges couches de travailleurs dans de telles formations est inestimable, et même nécessaire, pour la création d'une conscience socialiste large, laquelle peut être facilitée à la fois par ce genre de partis, mais aussi par les expériences des masses en lutte. Au même moment, cette tâche doit être combinée avec la construction et la consolidation d'une force marxiste claire autour du programme et des idées du CWI. Les opportunités qui s'offrent maintenant au marxisme vrai sont plus favorables qu'à aucun moment depuis la deuxième moitié des années 1980.

La crise touchera toute l'Europe

En Europe, il n'y a pas un seul pays qui ait éviter les effets de la crise. En Allemagne, la turbine de l'Europe, la situation économique sous-jacente est explosive. De tous les grands pays développés, l'Allemagne est celui dont l'industrie joue le plus grand rôle dans l'économie. Avec 24% du PIB, la base industrielle allemande vaut près du double des 13% d'industrie dans le PIB britannique. Mais cette année, les industries d'ingénierie et électronique allemandes sont en voie d'enregistrer leurs premières grandes pertes depuis 1945. Jusqu'à présent, elles ont surtout été capables de se maintenir sur le marché mondial grâce à l'exportation vers la Chine. L'«amortissement» de l'industrie par le gouvernement est estimé s'élever à 1% du PIB. Ceci implique de conserver l'emploi des travailleurs «non nécessaires» (Financial Times), le gouvernement payant les salaires des travailleurs qui se retrouvent au chômage technique. Ceci à son tour veut dire que le budget fédéral va gonfler à 100 milliards € l'an prochain, ce qui vaut deux fois et demi le précédent record de 40 milliards € atteint lorsque le pays a dû affronter les coûts de la réunification du gouvernement CDU de Kohl en 1996.

La promesse de Merkel de baisser les taxes tout en n'osant pas accomplir de grandes coupes dans les dépenses publiques a mené à des tensions au sein de la coalition CDU-FDP. Les prémisses de difficultés à venir, voire de scissions, et même la possibilité d'une chute du gouvernement, a été aperçue lorsqu'un certain nombre de parlementaires de la coalition ont refusé de donner leur soutien au gouvernement au moment du vote au Bundestag, ce qui a laissé Merkel avec une majorité de tout juste 11 voix. La position générale du capitalisme allemand, comme pour ses homologues dans le reste de l'Europe, nécessite une confrontation avec la classe ouvrière, afin de reprendre par la force les acquis durement gagnés dans le passé. Les attaques inévitables sur les pensions, sur les salaires – où il y a une tentative de couper les salaires des «nouveaux arrivants» sur le marché du travail – la montée du chômage de masse, avec sa tendance à devenir permanent... tout cela garantit une énorme polarisation de classe et une intensification de la lutte entre les classes.

Comme pour les guerres, les classes combattent de manière plus intensive quant au partage d'un «gâteau» qui se réduit. Il n'y a pas un seul pays en Europe maintenant qui ne va pas connaître au cours des prochains mois ou prochaines années une intensification du conflit de classe. Ceci est symbolisé par la vague d'occupations en Irlande, au Royaume-Uni et en France, y compris avec les séquestrations patronales et même la menace de dynamiter une usine en France. Ceci sera répété dans d'autres pays où les patrons ferment leurs usines sans prévenir. Ces occupations mettent en question de manière implicite le «droit divin» de la direction à diriger, ce qui ressemble maintenant à une dictature du capital, comme même Sarkozy l'a dit lors des élections européennes. Ce qui est implicite dans la situation en Europe et dans chaque pays, n'est pas juste de grands conflits mais aussi une grève générale – probablement d'abord dans le secteur public, mais dans la période à venir, elle englobera aussi les travailleurs du privé. Et ceci, sur un arrière-plan d'affaiblissement, du moins numérique, des syndicats dans de nombreux pays ; en France, le taux de syndicalisation n'est plus que de 8%. Au Royaume-Uni, en Espagne, au Portugal, et peut-être même en Italie, les syndicats se sont affaiblis.

Au Royaume-Uni, le conflit promet d'être intense, parce que sous la régence du New Labour, le pays est passé du rang d'«étoile» du firmament néolibéral à celui d'un pays à genoux, officiellement classé maintenant derrière l'Italie de Berlusconi ! En Grèce, après la furieuse riposte contre l'austérité sauvage de Nouvelle Démocratie et la victoire en conséquence du PASOK qui avait auparavant été tellement discrédité, c'est une énorme collision qui se prépare. La dette de l'Etat s'élève maintenant à plus de 100% du PIB, et les agences financières ont baissé la cote de crédit du pays – comme elles ont menacé de le faire pour le Royaume-Uni aussi – ce qui rendra difficile de persuader les marchés boursiers de continuer à acheter la dette du gouvernement. La faillite ne menace pas seulement des industries, mais des pays entiers, comme l'exemple de l'Argentine l'a démontré. La mise sous tutelle d'un pays est une chose ; que ce soit toute une série de pays est autre chose. C'est ce qui s'est passé dans les années 30, et une situation similaire menace aujourd'hui nombre de pays en Europe de l'Est et dans le monde néocolonial également.

Sur le plan continental, la bourgeoisie européenne, malgré la force continue de l'euro contre le dollar, n'a pas été capable de consolider un bloc intégré capable d'être un rival pour les Etats-Unis. De sa position de force actuelle, l'euro est «capable de regarder le dollar en face». Mais cela agit aussi comme une camisole qui pourrait étouffer des pays déjà économiquement vacillants tels que l'Italie et l'Irlande, qui ne peuvent dévaluer leurs monnaies – comme c'est le cas des Etats-Unis – pour pouvoir amener un nouveau souffle dans le gouffre économique actuel. Une des intentions des classes capitalistes d'Europe lorsqu'elles se sont rassemblées dans l'Union Européenne était via l'adoption de l'euro de trouver un accord qui empêcherait le recourt à la dévaluation compétitive de la monnaie, afin de se forcer elles-mêmes à des «dévaluations internes» (coupes salariales, réductions des dépenses sociales, etc.). Si la crise s'approfondit et que les difficultés s'accroissent, un ou deux pays pourraient quitter l'euro. Ceci bien sûr ne fournira pas un échappatoire face à la crise capitaliste, mais peut laisser un répit temporaire pour un l'un ou l'autre groupe national de capitalistes, tout en aiguisant les tensions intra-européennes et internationales.

Les commentateurs capitalistes tels que Philip Stephens du Financial Times décrivent de manière ouverte et dérisoire l'Europe comme étant un «musée», incapable de sérieusement concurrencer les Etats-Unis. La confirmation du Traité de Lisbonne, avec le second référendum en Irlande et la signature du président tchèque, semblent être une déferlante triomphante pour le train européen. Mais c'est justement en ce moment que la faiblesse du projet européen des capitalistes est révélée et qu'il pourrait se désintégrer. La constitution européenne, à l'instar du vieux Traité de Rome, souhaite consacrer «légalement» le capitalisme «pour toujours» en tant que modèle économique ultime. La constitution consacre le capitalisme néolibéral, en interdisant les subsides d'Etat pour les industries en difficulté et la nationalisation, tout en soutenant la privatisation, etc. Le caractère de ce document et de la Commission Européenne est démontré par les «instructions» données au gouvernement Brown au Royaume-Uni lui demandant de vendre les parties profitables du secteur bancaire nationalisé, dans l'intérêt de la «concurrence». Une semblable approche anti-ouvrière est consacrée dans diverses directives européennes.

Une approche internationaliste

Toutefois, comme toutes les lois capitalistes, la constitution ne demeure que des bouts de papier qui peuvent être déchirés ou mis de côté dès que la classe ouvrière se met en marche pour imposer des solutions à ses problèmes. Ceci a montré dans le conflit de Lindsey au Royaume-Uni, qui n'était pas, comme l'ont dit certains groupes gauchistes tels que le SWP britannique, une grève pour «les emplois britanniques aux travailleurs britanniques». Grâce à l'intervention de socialistes conscients, et en particulier du Socialist Party, l'élément de nationalisme qui peut être présent dans chaque conflit qui semble être une «lutte pour l'emploi» (comme l'a illustré la lutte autour de General Motors) peut être contré par une claire approche internationaliste et de classe. Les marxistes rejettent entièrement l'utilisation des directives européennes par le patronat afin de renforcer la «spirale vers le bas» pour les salaires, sous le slogan de «libre circulation de la main d'oeuvre». Nous nous battons pour une approche unifiée de classe, dont la demande centrale est «le taux d’emploi». Nous rejetons entièrement tout tentative des patrons, aidés et soutenus par certains dirigeants syndicaux, de liguer une section de la classe ouvrière contre une autre, que ce soit les travailleurs du privé contre ceux du public, les jeunes contre les vieux qui «bloquent les emplois», et les travailleurs d'un pays d'Europe contre ceux d'un autre pays.

La réalité des tentatives des capitalistes vers l'«unification de l'Europe» est que à la base les patrons encouragent le nationalisme, le conflit ethnique et le racisme, par la bonne vieille politique de «diviser pour régner» afin de faciliter leur règne et la défense de leurs profits et de leurs privilèges. L'intégration des forces productives au niveau mondial et particulièrement en Europe nécessite une approche internationaliste au sein de luttes cruciales, afin de défendre les acquis du passé tels que les pensions et les allocations sociales, et de combattre la menace croissante de l'extrême-droite. Les récents succès de l'extrême-droite – notablement l'élection de Griffin du British National Party – lors des élections européennes est un reflet direct du virage à droite et de la position pro-capitaliste des dirigeants des ex-organisations ouvrières et des syndicats. Un vide a été créé et s'est même récemment élargi à cause dans beaucoup de pays de l'absence de ou de l'échec des tentatives de développer une alternative de gauche enthousiasmante. Les «ciseaux» que sont l'écart entre la situation objective sous-jacente et la conscience des masses n'ont jamais été aussi larges. Le succès de Die Linke en Allemagne, sur le plan électoral du moins, est jusqu'à présent parvenu à empêcher la percée électorale de l'extrême-droite et des forces néofascistes sur le plan national. Mais le danger n'a pas encore disparu et, en fait, c'est l'extrême-droite en général qui a été en Europe le premier bénéficiaire de la convulsion de masse contre la crise.

L'immigration est une question centrale pour la gauche et pour le mouvement ouvrier en Europe. Aucune concession ne peut être donnée au racisme ou à la discrimination sur base de l'ethnicité ou de la croyance religieuse. Mais d'un autre côté, dans une situation de chômage de masse – près de 20% en Espagne, par exemple, qui possède une importante population immigrée – le simple fait d'appeler à s'opposer au racisme, etc. ne suffit pas. Il est plus important que jamais de lier la question de l'antiracisme aux revendications pour les emplois, pour le logement, pour l'éducation, la santé et à la nécessité d'unifier les luttes. Les gouvernements capitalistes se préparent à une opération d'envergure, l'établissement de «quotas» pour l'immigration. Nous rejetons l'idée que de telles mesures puissent offrir une solution aux problèmes liés à l'immigration et puissent offrir un quelconque bénéfice pour les travailleurs d'Europe. Aucune mesure capitaliste n'empêcher les affamés et les pauvres – surtout en cette ère de communication de masse – de chercher à échapper à la spirale de pauvreté qui s'empire dans le monde néocolonial, en plus de la persécution et de l'oppression, en tentant de chercher une «vie meilleure» ailleurs. L'immigration en soi de résoudra pas les problèmes des pauvres et des opprimés – très peu possèdent les ressources nécessaires au voyage jusqu'au monde industriel développé. Nous devons promouvoir une solution socialiste générale afin de résoudre les problèmes du monde entier. Ceci est incompatible avec le maintien du féodalisme et du capitalisme dans le monde néocolonial.

> Deuxième partie de ce texte

 
Articles relatés
Rechercher
Marxisme.be

Marxisme.be est une intitiative du Parti Socialiste de Lutte (PSL). La version néerlandophone de ce site est accessible ici.

Pour nous contacter:

  • E-mail: redaction@socialisme.be
  • Tél: 02/345 61 81
Socialisme.be